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Argentat
est installée dans la première grande plaine alluviale que forme la
Dordogne, au débouché de gorges profondes et peu propices à une implantation
humaine d'envergure.
Installée au carrefour d'une route et d'un fleuve-la Dordogne-Argentat
se développe au gré des différents échanges commerciaux dont elle
peut profiter.
La
cité demeure un pays chargé d'histoire dont les principaux monuments,
décrits ci-dessous, évoquent son évolution dans un cadre pittoresque
et attachant.
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La
Maison du Patrimoine est un bon départ pour une visite de
ville : il s'agit d'une salle d'exposition permanente qui présente
l'histoire de la cité, des vestiges de sites archéologiques
locaux, une présentation de la batellerie agrémentée d'un film
documentaire.
La balade peut commencer par la descente vers le jardin public
et vers les quais, en passant devant l'ancienne mairie
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Le
couvent des Récollets, avec sa chapelle, est fondé au début
du XVII°siècle ; il s'agit d'un ordre mendiant. Acheté par la
commune dès 1791,on y fonde un petit séminaire (vers 1810-pendant
2 ans), puis ce sont les Ursulines qui s'installent dans ses
locaux (à partir de 1827).
En 1940, les sœurs de Saint-Jean-de-Bassel fondent l'Institution
Jeanne d'Arc, école privée. |
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Puis,
c'est l'arrivée sur les quais : une croix de pierre est
insérée dans le mur de soutènement de l'Institution Jeanne d'Arc
; il s'agit de la croix des gabariers. Elle doit son
nom à la tradition locale qui voulait qu'à chaque départ de
convois de gabares, un moine du couvent des Récollets en assure
la bénédiction.
On aperçoit à ce niveau le passage du bac qui accostait sur
le ponton en pierres, rive gauche, dans l'actuelle rue du bac.
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Le
quai maçonné Lestourgie- du nom du maire qui l'a fait
aménager, en 1844, succède à la berge du port Saulou. Les maisons
de pêcheurs à bolets sont caractéristiques, couvertes de toits
de lauzes.
Un courpet (bateau traditionnel à fond plat) reconstitué
rappelle les riches heures de la batellerie de Haute-Dordogne,
lorsque les gabariers partaient pour un voyage uniquement descendant
vers Bergerac ou Libourne.
De là, le franchissement du fleuve s'effectue par le pont de
la République, érigé en 1892, qui remplaça au même endroit un
pont suspendu à péage, le pont Marie, appelé ainsi en l'honneur
de la fille du comte de Noailles qui finança l'opération.
Depuis le pont, la vue sur les rives de la Dordogne est formidable
: les maisons aux balcons de la rive gauche, avec les lucarnes,
donnant à pic sur la rivière en amont du pont et les maisons
nobles situées en aval contribuent à caractériser la cité. |
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La
rue Sainte-Claire est une vieille rue typique du centre ancien
d'Argentat. Au n°2, une maison avec échauguette est dénommée
la " Vigerie de Neuville " : c'est le lieu où se tenaient
les assises de la juridiction des seigneurs de Neuville.
Un peu plus loin (n°7), se situe le couvent des Clarisses
(d'où le nom de la rue), installé en 1647.
Le mouvement de la Contre-Réforme a été important au XVII° siècle,
avec la création de trois couvents (Récollets-cf supra-Clarisses,
et Ursulines) qui fait contrepoids à l'implantation importante
du protestantisme ; les idées de la Religion prétendue Réformée
auraient été acheminées du Bas-Pays par les gabariers, qui les
auraient diffusées.
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Au
n°13 est l'hôtel de Turenne, la " Raymondie ", appelée
ainsi en l'honneur de la lignée des vicomtes de Turenne (Raymond
IV,…) qui tenaient là leurs assemblées. Les deux tourelles permettent
de distinguer cette maison noble depuis le pont. |
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En
poursuivant dans la rue, l'œil est attiré par la présence d'une
petite chapelle, édifiée à la fin du XIX° siècle par
la famille Lestourgie, à l'emplacement d'une maison appelée…
le paradis. Le paradis évoque le décès d'un Saint homme, Saint-Sacerdos,
survenu vers 720. Sacerdos, évêque de Limoges, sentant sa fin
proche décide de revenir dans son village de Calviac, sur les
bords de la Dordogne.
Il se dirige en fait vers Argentat, y décède, et son corps est
translaté par bateau jusqu'à Calviac. C'est la mention la plus
ancienne que nous connaissions de la navigation sur la Dordogne.
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Face
à la chapelle Saint-Sacerdos, de l'autre côté de la rue, une
ruelle pavée de galets monte vers le " Fort " (=ensemble historique
composé de l'église et des maisons qui en la ceinturant la défendaient).
C'est la rue Porte-Basse dénommée ainsi à cause de l'emplacement
de l'une des portes fortifiées qui permettaient l'accès au vieil
Argentat (démolie en 1842). Argentat est de fait connue " prieuré
et cure en ville murée " dès le X° siècle.
De nombreuses ruelles mènent à la Dordogne et sont jalonnées
d'édifices remarquables : maison forte de Soulages, une des
plus anciennes-XIV° siècle remaniée aux XV-XVI° siècle (n°1
ruelle de Soulage), maison XVI° siècle (n°6 ruelle de Soulage),
hôtel de Lamarque (n°1 ruelle du Passoutrot). |
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Puis
une maison à encorbellements nous fait face, c'est la maison
natale du général Delmas, qui voua sa vie à une carrière
militaire. Chef du bataillon des volontaires corrèziens sur
l'armée du Rhin (1791), général de division à 26 ans, il participe
aux campagnes d'Italie aux côtés de Bonaparte.
Mais c'est bientôt la rupture entre les deux hommes, suivie
d'un exil de 11 ans en Suisse. Delmas sert à nouveau à sa demande
en 1813 ; il perd la vie à la bataille de Leipzig.
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Le
manoir de l'Eyrial est une vieille demeure d'Argentat
(1457). En 1604-1608, les syndics de la ville en font relever
les murs pour y établir la Maison de ville.
En 1754, le bandit Mandrin met le feu à la tour ; on a retrouvé
des traces d'incendie au troisième niveau de la tour… Place
de l'église donne une bâtisse où une plaque rappelle la naissance
d'Eusèbe Bombal (1827-1915), historien d'Argentat, ethnologue,
archéologue local, précurseur du folklore limousin… |
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Un
bâtiment du vieil Argentat arrête tout promeneur : c'est le
château Neuville, dénommé aussi château Fénelon à cause
de la parenté entre ces deux familles.
En 1637, le château est concédé aux Ursulines qui y fondent
un couvent.
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| La
balade se poursuit par la rue du Portail-Lavergne, ancienne voie d'accès
au bourg d'Argentat, où une porte fortifiée en défendait le passage
(aujourd'hui disparue). Une plaque rappelle l'appartenance d'une maison
au poète et fabuliste corrèzien Marcelin Caze (1811-1888). |
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Cette
énumération des principales curiosités de l'architecture et de l'histoire
d'Argentat ne doit pas occulter qu'une visite de la cité est beaucoup
plus complète et intéressante lorsqu'elle s'effectue…à pied.
Les toits, les lucarnes, les encadrements de portes…sont autant de
sujets d'extase que d'interrogation et chaque bâtiment décrit ci-dessus
ne prend sa véritable valeur que dans le cadre dans lequel il s'insère.
Découvrir le vieil Argentat, par le biais de livres , revues, site
internet,…, c'est bien ;mais le parcourir, s'interroger sur la richesse
de son passé, admirer son caractère et ses charmes,…est sans aucun
doute la meilleure façon de l'appréhender. |
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